Sites & Monuments a été entendue, le 10 mars 2026, par les Sénatrices Nathalie Delattre, Else Joseph et Paulette Matray, rapporteures sur la mission d’information sur la gestion des monuments historiques.
A l’issue de cette audition, les principaux points abordés ont été synthétisés comme suit avec communication de liens les illustrant :
L’aide pouvant être apportée par l’Etat aux propriétaires privés ou publics de monuments historiques nous semble pouvoir être organisée en cercles concentriques selon le degré d’investissement de la puissance publique. Le principe de ce « National trust à la française » ne serait pas celui du développement de la propriété publique, mais s’appuierait sur des servitudes d’utilité publique (protections au titre des monuments historiques immobilières et mobilières, notamment avec maintien in situ), complétées par un partage de l’expertise publique encourageant un usage privé compatible avec l’intérêt général et une meilleure répartition du tourisme sur notre territoire.
L’aide apportée par l’Etat consisterait ainsi, a minima, en une mise en réseau des monuments historiques par une application les géolocalisant avec des informations historiques (lien avec les bases Mérimée et Palissy) et pratiques (périodes et horaires d’ouverture), voire donnant une possibilité de mise en relation avec des bénévoles.
Une mise à disposition de savoir-faire (ceux du CMN ou de bénévoles qualifiés en termes de recherches historiques, de décoration et d’animation des monuments) pourrait être proposée et une aide au remeublement créée (œuvres déposées à moyen terme par une structure ad hoc contribuant à l’attractivité des monuments privés. Voir ICI).
Serait également rétablie une possibilité de portage, après préemption ou expropriation, permettant la reprise temporaire de monuments en déshérence ou d’un mobilier menacé de dispersion, pour être cédés, après travaux ou protection, à des particuliers souscrivant à une charte (voir ICI). Une reprise temporaire de la gestion de monuments en difficulté pourrait également être proposée aux propriétaires (ex du château d’Haroué géré par le CMN, en définissant clairement et en amont les obligations de chacun).
Ce dispositif serait complété par la création d’un statut fiscal favorable à une ouverture au public de qualité (possibilité de défiscalisation de l’attachement à perpétuelle demeure d’objets mobiliers, retrait de l’assiette de l’IFI des monuments ouverts au public, etc, voir ICI).
L’activité hôtelière devrait être un simple accessoire à la visite par le public et ne pas s’y substituer. Les monuments exploités comme hôtels sont en effet profondément dénaturés et non accessibles à tous.

